Mieux comprendre les TDA/H

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité est un syndrome développemental d’origine neurologique. Environ 5% des enfants seraient concernés par ce trouble. On estime que les premiers signes apparaissent généralement avant l’âge de 7 ans.

Quels sont les signes pouvant vous alerter sur d’éventuels troubles de votre enfant ?

Le DSM-IV (manuel décrivant les principaux symptômes de troubles dits « psychiatriques ») définit un certain nombre de critères qui doivent être présents depuis au moins six mois pour identifier chacun des sous-types de TDA/H. Il distingue trois types de profils :

  • Le type inattention prédominante : L’inattentif a souvent du mal à maintenir son attention, il ne parvient pas à prêter attention aux détails et/ou fait beaucoup de fautes d’étourderie. Ces enfants peuvent donner l’impression à leur enseignant ou parents de ne pas écouter, ils peuvent se laisser facilement distraire par des éléments extérieurs. Ils ont également des difficultés à répondre exactement aux consignes et il peut être difficile de leur faire terminer leurs devoirs. Ce sont des élèves qui ont du mal à s’organiser dans leur travail et la gestion du matériel ; et enfin, ils ont des oublis fréquents dans la vie quotidienne.
  • Le type hyperactivité/ impulsivité : L’enfant hyperactif bouge souvent ses pieds ou ses mains, il a beaucoup de mal à rester assis correctement sur sa chaise. Il a besoin de se lever en classe, il a du mal à tenir en place pendant des jeux et donne l’impression d’être « monté sur ressorts ». L’enfant impulsif a du mal à attendre son tour, il peut couper la parole, donner une réponse sans avoir levé le doigt. Cela peut donner l’impression aux autres qu’il veut leur imposer sa présence. Ce sont des enfants qui peuvent donc être en conflit relationnel avec d’autres enfants.
  • Le type mixte inclut les deux premiers.

Quels sont les causes de ces troubles ?

Aucun marqueur biologique spécifique n’a été encore trouvé mais plusieurs hypothèses ont été mises en avant par la recherche scientifique : déséquilibre des neurotransmetteurs, dysfonction des structures sous-corticales, délai de maturation des lobes frontaux,… Il semble donc que le TDA/H soit d’origine organique mais surtout, il est maintenant quasi-certain que ces troubles sont héréditaires. D’autres causes pourraient entraîner l’apparition de TDA/H comme la détérioration du cerveau pendant la période prénatale (prise d’alcool, drogues,…) ou des dommages peu après la naissance (manque d’oxygène, infection, traumatisme crânien,…). En revanche, les facteurs sociaux n’auraient aucun impact et les facteurs environnementaux ne pourraient qu’aggraver la situation mais en aucun cas en être la cause.

Ainsi, reconnaître que le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité est d’origine neurobiologique et qu’il est héréditaire permet d’affirmer que la personne atteinte ne peut être blâmé pour son comportement et qu’elle nécessite surtout une attention particulière et une aide adaptée.

Comment agir avec un enfant possédant un TDA/H ?

  • Consulter une personne compétente pour poser un bon diagnostic en commençant par son médecin généraliste qui peut ainsi vous orienter vers un médecin spécialisé comme un neuropédiatre. Il est spécialisé dans les maladies neurologiques de l’enfant et peut donc pratiquer un examen complet pour rechercher des signes spécifiques du TDA/H. 
  • Ne pas tout de suite refuser un traitement médical : Les troubles de l’attention et de l’hyperactivité relève de facteurs neurologiques et ne sont donc pas des caprices, n’ont pas de lien avec la personnalité ou une mauvaise éducation. Depuis plusieurs années, on arrive à diminuer jusqu’à 80% les symptômes grâce à une médication appropriée. Je comprends parfaitement qu’en tant que parent, on soit effrayé de médicamenter son enfant et qu’on peut avoir l’impression de céder à la facilité. Ayant eu une dizaine d’élèves souffrant de TDA/H, j’ai vu l’évolution impressionnante qu’un bon traitement pouvait avoir sur l’enfant (attention, cela peut prendre parfois du temps avant de trouver la bonne dose).

N’étant pas scientifique ni médecin, je ne veux en aucune façon promouvoir un traitement médical automatique mais je pense qu’il ne faut pas réfuter catégoriquement cette option et se renseigner auprès de spécialistes et consulter les nombreux témoignages de parents et d’enfants.

  • Oser demander de l’aide : Il existe des groupes de parents pour trouver du réconfort et des solutions. Il peut être utile également de faire appel à un professionnel pour l’aider dans ses apprentissages si ces troubles ont un impact notoire sur sa réussite scolaire.
  • Expliquer à son enfant son trouble : Il est important d’expliquer à un enfant son TDA/H pour lui permettre de comprendre les symptômes et éviter ainsi de se dévaloriser chaque fois qu’un tiers commentera son comportement. Plusieurs livres sur ce thème adapté aux enfants ont été écrits ; je vous recommande d’ailleurs « Le cousin hyperactif » de Jean Gervais facile d’accès pour l’enfant et ses camarades. Il comporte également une partie adressée aux parents et enseignants.
  • Etablir des routines stables : On épargne beaucoup d’énergie quand chacun sait ce qu’il a à faire. Mais avec un enfant souffrant de TDA/H, cela demande plus de patience et de temps car il oublie beaucoup de choses mais en persévérant (énormément !), cela peut finir par s’ancrer dans ses habitudes. Pour faciliter leurs mises en place, on peut afficher un planning de tâches quotidiennes prévues avec des illustrations amusantes pour attirer son attention. En voici un exemple :
Routine du matin
  • Aider son enfant à s’organiser : L’un des symptômes les plus fréquents chez un enfant souffrant de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité est le manque d’organisation. Il ne sait pas comment s’y prendre et de ce fait, toute tâche lui parait une corvée. Pour cela, vous pouvez :
    • l’aider à faire des listes de tâches à rayer au fur et à mesure de leur accomplissement
    • utiliser un chronomètre visuel pour l’aider à structurer son temps durant les devoirs. Le fameux « Timer » fonctionnait très bien en classe.
  • Fragmenter les tâches : donner deux fois cinq calculs à résoudre au lieu de dix calculs d’un seul coup.
  • L’encourager et le féliciter dès que possible : Faites lui des compliments à chaque petite réussite pour renforcer son estime et sa confiance en lui et exploitez ces points forts.
  • Prévenir ou gérer les crises : L’enfant qui souffre de TDA/H exprime une opposition de manière virulente (insultes, objets lancés) ou de manière passive (nonchalance, lenteur à répondre). Lorsqu’on sent que l’enfant se désorganise, on peut l’envoyer dans un lieu de pause comme une chaise ou un coussin pour s’asseoir dans un coin pendant quelques minutes (une minute par année d’âge). Après la pause, il convient de discuter avec lui pour voir s’il est près à reprendre son activité.

Mais quand une crise se produit et qu’elle s’aggrave malgré nos tentatives à calmer le conflit, il faut prévoir un lieu d’isolement, un endroit où l’enfant pourra retrouver son calme. Cela peut être sa chambre, un lieu où il pourra faire quelque chose qui le détournera de sa colère.

  • Optimiser l’organisation des devoirs : voir l’article sur le cauchemar des devoirs.
  • Etablir une bonne communication avec son enseignant et l’école : Je vous conseille de prendre rendez-vous dès le début de l’année avec son enseignant(e) pour expliquer les troubles de votre enfant et vous en faire un allié. La plupart des professeurs manquent de formation et ne demandent qu’à avoir des conseils pour faire face aux manifestations des troubles de ces élèves. Une bonne idée serait aussi de mettre en place un dispositif d’accompagnement personnalisé pour qu’un véritable suivi dans les années scolaires de l’élève soit instauré.
  • Enseigner clairement les règles de la vie en société : Vous devez expliquer à votre enfant que vous l’acceptez et l’aimerez de manière inconditionnelle pour ce qu’il est mais qu’il devra essayer d’ajuster son comportement pour prendre en compte les autres. On peut notamment convenir de conséquences en fonction des actes ; comme par exemple, réparer ou remplacer un objet endommagé. Comme pour le reste, cela demande beaucoup de temps et d’explications mais ces nombreux exemples lui serviront encore à l’âge adulte.

Rien ne vaut l’expérience d’un parent dont l’enfant possède des troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité ; donc n’hésitez pas à partager votre vécu, vos conseils et vos outils dans les commentaires. Cela me permettra d’étoffer encore davantage cet article.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Virginie dit :

    En tant que maman d’un enfant souffrant de troubles de l’attention, je peux apporter mon témoignage. Avec du recul, mon fils ayant maintenant 18 ans, je peux dire que le plus important lors de sa scolarité, c’est de savoir dialoguer avec son enfant. Un enfant qui souffre de ce trouble est un enfant qui a une mauvaise image de lui. Il est important de lui expliquer que ce n’est pas de sa faute. Que son cerveau est fait différemment et qu’il a besoin d’apprendre à s’organiser pour réaliser les tâches qu’on lui demande de faire. Mais ça ne suffit pas.Ces enfants ont besoin d’aide. Ils ont besoin d’être accompagnés et surtout pas d’être pointés du doigts.
    Avec le recul, vraiment, j’aurais fait autrement….Je l’aurais déculpabilisé.

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    1. eduzen78 dit :

      Merci Virginie pour ton témoignage. Effectivement, discuter du trouble avec son enfant est très important pour lui permettre de s’exprimer sur ce qu’il ressent, lui montrer qu’on est à l’écoute, qu’on ne lui reproche pas ce qu’il est même si parfois on se fâche. Les connaissances et les mentalités sur les TDA/H évoluent positivement avec le temps, notamment grâce à des témoignages comme le tien.

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